mes vies

blog multidirectionnel : mes vies de mère, de prof, de musicienne, de lectrice, de promeneuse, de dilettante en tout et spécialiste en rien… Et même mes vies de cuisinière, couturière et tricoteuse !

 

Parler comme un turlupin

Je parle à mon iPad. Oui je sais, ça peut paraître stupide, mais entre Siri et “ok, google “, il répond à mes questions. Et hier soir, donc, j’avais besoin d’un renseignement. J’interroge donc Siri sur David Sedaris. Siri me répond de sa chaude voix masculine : “désolé Viviana, il n’y a ni David ni Harris dans vos contacts”. Je ne me décourage pas et je repose ma question à Google, cette fois. Qui me répond de sa voix froide et féminine en me livrant le “middle name” de Sedaris, son lieu de naissance (un truc genre Birmington, qu’elle prononce à la française, comme si ça rimait avec tonton : t’es sure que tu viens de Californie, google ?). Je félicite alors l’objet et sa voix synthétique, à ma façon, en lui disant “ben tu vois Google, t’es moins con que Siri !”. Ça aurait pu s’arrêter là (et je le raconterasi pas ici) mais Éléa avait suivi la scène. Hilare, elle me demande : “tu lui dis des gros mots, à ton iPad ?”. Je confirme, contrite. Bien sûr, elle veut essayer aussi. J’active Siri et je laisse mon amatrice de langage fleuri dire “tes fesses” à Siri. Réponse de l’intéressé : “je ne m’y attendais pas, à celle-là. Si on faisait plutôt une recherche sur internet ?”
Crise de rire de la gamine, quand à moi bien sûr je ne lance pas de recherche sur internet avec “tes fesses”, ma môme de sept ans à côté de moi… Mais l’enfant-scatologue y a pris goût, et me demande tout bas si elle peut dire “ton cul” à l’unique objet de mon ressentiment. Bien qu’assez tentée, je refuse, vu que ce mot-là n’est théoriquement pas autorisé aux enfants chez moi. C’est une maison honnête, bordel.
Intense réflexion de la petite, qui active toutes ses facultés cognitives à la recherche de ce qu’elle pourrait dire de pire qui soit quand même considéré par moi comme acceptable. Et elle a trouvé : “on va lui dire : “si ça se trouve tes parents sont un tout petit peu chiants !”. (Si ça vous dis rien, allez réécouter le premier album de Vincent Delerm). Pliée de rire, j’ai donc cité du Vincent Delerm à Siri, qui l’a mal pris, l’andouille, et m’a répondu “j’essayais seulement de vous aider !”.
Google, par contre, sur le même sujet, m’a bien proposé plusieurs vidéos de la chanson en question. La soirée s’est donc achevée en chanson, et sur la conclusion que oui, Siri est plus sexy mais plus con que Google. Une leçon de vie.

Categorie : Non classé
Par mes vies
Le 9 octobre 2014
A 7:23
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Tir groupé…

Les lectures de juillet ont été de vraies lectures de vacances, pas très variées ni très exigeantes… Dans le lot, pas mal de romans américains : un Connelly, roman bien classique de serial-killer, sans Harry Bosch mais c’est pas grave;

- comme l’été dernier, je me suis tapé le gros campus-novel de l’année, prêté par ma sœur.  Je ne sais pas pourquoi, tous les ans en hiver ou au printemps, ma sœur me prête un gros roman (enfin elle m’en prête plein d’autres avec), sans trop rin m’en dire à part “c’est pas mal”; je lis la quatrième de couverture et j’oublie le bouquin sur mes étagères. Puis au moment de faire ma valise d’été, je me dis “tiens, ça a l’air parfait pour la plage” et j’embarque le campus-novel, en oubliant que celui de l’année dernière m’est resté sur l’estomac…
Donc celui de cette année, c’est Les Revenants de Laura Kasichke. Alors Kasichke, j’ai adoré le premier que j’ai lu d’elle (En Un Monde Parfait), mais pas du tout Esprit D’hiver, pourtant encensé par la critique et les blogs de lecteurs… Donc j’étais un peu méfiante, mais sans plus.
Et là, 500 (ou 600, je sais plus) pages de fraternités/sororités étudiantes, de résidences universitaires, de jeunes et beaux étudiants, de prof méritants mais pas sûr d’eux, de petites garces blondes aux yeux bleus… Bref, qui a déjà vu un film américain se passant sur un campus (et QUI n’en a jamais vu un ???) ne trouve absolument rien d’intéressant là-dedans. De plus, elle fait vaguement un roman noir ou à énigme, avec une fille qui est morte mais peut-être pas, avec des sociétés secrètes pleines de pouvoir, etc… Là, de l’ambiance “Sexe Intentions” on passe à “The Skulls” (oui ben si vous n’êtes pas né en 1978 ces chefs-d’œuvre ont pu vous échapper; de même, si vous n’étiez pas fan de Buffy contre les vampires et de Dawson, vous ne les avez peut-être pas vus… mais moi, si). Bon, pourquoi pas me disais-je en moi-même tout en lisant, après tout, je me suis peut-être trompée sur Laura Kasichke, j’ai cru qu’elle était considérée comme un grand écrivain américain, en fait c’est juste une Connelly au féminin, j’ai rien contre, faut juste prévenir.
… mais bien sûr, Connelly,  il nous récompense d’avoir bien lu son livre jusqu’au bout en nous résolvant toute l’intrigue dans les 4 dernières pages. Kasichke, elle, se souvient qu’elle n’est pas censée faire du Connelly, et après nous avoir fait du “Alice Detective”, elle opère un virage à 90° dans les 4 dernières pages en ne nous rendant pas les clés. Bref, c’est “The Skulls” mais les méchants échappent à la justice. Ha ouais, OK, c’est ça un écrivain ??? Bon, je le note pour plus tard…

—> Bref : Kasichke, tu m’auras plus, et le campus-novel de l’été prochain je crois bien que je le lirai pas : j’irai le voir au cinéma, ça me gagnera du temps et me rappellera mon adolescence !

- Deux romans lus à la suite l’un de l’autre et qui se répondent assez bien : Les Falsificateurs d’Antoine Bello, et Le Complot contre l’Amérique de Philip Roth.
D’Antoine Bello, j’avais lu La Disparition D’Emily Brunet, une enquête menée par un détective frappé d’une forme particulière d’amnésie. Roman prenant, original par sa forme, j’avais marché à fond dans les ficelles de Bello.
Les Falsificateurs, donc, est un roman là encore à l’intrigue très originale : un jeune diplômé de géographie se voit embauché par une société secrète aux ramifications nombreuses et puissantes, qui procède à la “falsification” du monde : les membres de cette société inventent des personnages, des épisodes, de l’histoire ancienne ou récente, ou même de l’actualité, et se donnent toutes les peines du monde pour créer de toutes pièces de nombreuses “preuves” pour étayer leurs “scénarios”. Cette jeune recrue parcours le monde, apprend peu à peu à connaître certains de ses collègues et de ses mentors, et invente des scénarios destinés à infléchir le cours de l’histoire… Mais travaille-t-il pour une organisation bienveillante et humaniste, ou au contraire les falsificateurs sont-ils des gens dangereux en quête de domination de l’information ? Je ne le sais pas encore, il y a une suite, Les Éclaireurs. J’ai bien l’intention de la lire, d’abord parce que je me suis attachée aux personnages et j’ai pris du plaisir à ce roman qui n’est pas tout à fait un roman d’aventure ni un roman d’espionnage, mais qui en reprend quelques codes, tout en nous amenant à réfléchir (un peu balourdement j’en conviens) sur l’information, la désinformation, sur les “complots”, thèmes qui m’intéressent hautement en dehors de la littérature…

Sans l’avoir planifié j’avais aussi dans ma valise Le Complot Contre l’Amérique, de Roth.  J’ai ramassé ce poche il y a quelques années, dans un panier “servez-vous” devant une antenne de la bibliothèque municipale… (ou peut-être était-ce dans la bibliothèque d’une autre ville ?). Je l’ai pris parce que Philip Roth est nimbé d’une aura d’immense écrivain qu’il faut avoir lu, mais justement à cause de cette aura, avant l’été dernier, je ne m’y étais jamais risquée… Pourtant, ses romans sont très plaisants à lire, comme souvent ceux des grands écrivains américains… ce “complot” est en réalité une uchronie : Roth raconte ses souvenirs d’enfant juif américain, âgé de 8 ans en 1940… Jusque là, c’est son autobiographie, pourrait-on penser. Mais le petit Philip Roth grandit dans une Amérique dont le président Roosevelt n’est pas réelu : c’est l’aviateur Charles Lindbergh, antisémite et isolationniste, qui est élu président. Lindbergh signe des accords avec l’Allemagne nazie, est décoré par Hitler lui-même, et refuse de rentrer en guerre pour soutenir l’Angleterre bombardée…
Après Bello qui nous fait douter de tout, Roth nous décrit si bien les évènements de ces deux années (40-41), la tension montante dans les familles juives de Newark, les lois visant à “américaniser” les juifs en envoyant les adolescents dans des familles WASP du middle west pour travailler à la ferme, et bientôt, des familles entières dans des états ruraux et peu peuplés, qu’on finit par se demander si ce qu’il nous raconte n’est pas réellement arrivé ! De plus, il évoque un grand nombre de personnages publics ayant existé, pour semer le trouble encore un peu plus dans l’esprit du lecteur… avant de rétablir la véritable biographie de chaque protagoniste dans les annexes du roman.

- Pour finir, et surtout pour occuper les 10 heures de trajet en voiture, j’ai lu un roman sans prétention que je gardais à cet effet (pour lire en voiture, il faut un livre grand format, les poches sont imprimés en trop petits caractères et ça me rend malade; de plus, la radio marche, ou le lecteur dvd des enfants, et les interruptions sont nombreuses, il me faut donc un roman à l’intrigue simple, je ne peux pas lire un roman subtil lors des trajets familiaux) : La Dernière Fugitive, de Tracy Chevalier (auteur aussi de La Jeune Fille à la Perle). Elle nous raconte le destin d’une jeune Quaker anglaise, qui embarque pour les États-Unis où sa sœur Grace va épouser un membre de leur communauté récemment émigré en Ohio.
Bon, je passe sur les péripétie que la pauvre Honor va devoir affronter, sur le zeste de romance, la dose d’aventure et la couche épaisse de bons sentiments qui font le parfait roman de voiture, pour dire que l’histoire des Quakers, leur philosophie, leurs pratiques, m’ont beaucoup intéressée (et du coup en rentrant je suis allée voir de plus près cette “religion de la paix”, qui fonctionne sans hiérarchie, sans clergé, sans cérémonies (leur culte consiste à rester assis ensemble en silence), et qui a été l’une des première à s’élever contre l’esclavage, à inventer une première forme de commerce équitable en refusant quand c’était possible, d’acheter du coton cultivé par les esclaves, à refuser toute forme de violence (les Quakers sont souvent objecteurs de conscience)… Ce qui m’a intéressée plus encore, c’est l’omniprésence du patchwork dans le roman : Honor, l’héroïne, est une quilteuse, elle réalise à la main des quilts qui font l’admiration de tous… J’ai une passion pour le patchwork depuis que j’ai lu pour la première fois le mot “courtepointe” dans le tome 1 de la Petite Maison Dans La Prairie, je devais être en CE2… C’est un de mes multiples projets pour quand j’aurais du temps. (à la retraite, au mieux…)

Categorie : Non classé, livres
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Le 28 juillet 2014
A 18:48
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Trainspotting

image by vlg0901

Peut-être te demanderas-tu, lecteur, ce que je pouvais bien faire à Ponchâteau à 14 heures, en ce mardi.
Et bien la réponse pourrait être assez courte, mais je les préfère longue. Alors voilà.
Il se trouve que le mardi je fais chanter les élèves de la chorale de 12h30 à 13h15 environ. Sauf que, de plus en plus, on déborde, parce qu’une veut que je lui montre les accords de guitare de telle chanson, une autre veut que j’écoute ceci ou cela, une troisième demande qu’on mette une chanson sur la chaîne pour chanter par dessus…
Bref, en partant, je savais que j’étais ric-rac pour attraper mon train. J’ai eu beau marcher vite, c’était pas gagné. Donc quand j’ai entendu au loin la voix synthétique de la gare annoncer l’arrivée quai B d’un train, je me suis mise à courir. (erreur n°1). Je suis arrivée juste à temps, et j’ai sauté dans le train. (erreur n°2). Il était pile, à une ou deux minutes près, l’heure de “mon” train.
Tout d’abord, j’ai cherché une place. Il y en avait plein. Mais genre, PLEIN. On devait être 3 ou 4 dans tout le train. Et puis, quel train !! des fauteuils spacieux, moelleux, des petites lampes au-dessus des fenêtres… Waou !! le confort d’un TGV, au moins, dans mon TER. (non ça n’a pas fait tilt. C’est ça, fait pas le malin.)
Et puis, les fenêtres : bien propres, toutes lavées de frais !! (alors que ça fait bien 3 semaines que tous les trains sont intégralement recouverts d’une couche épaisse de boue, y compris sur les fenêtres, rapport à une légère humidité persistante depuis début janvier.)
Alors bien calée dans mon large siège, contre la fenêtre, j’ai dégaine l’iPad dans le but de me livrer à ma récente passion : la photographie de la raffinerie par la fenêtre du train. (hobby rendu impossible à cause de la boue sur les fenêtres, voir plus haut). Et j’ai commencé à prendre quelques photos, en attendant les tuyaux. Oh, un bel arbre ! clic ! Oh, ce champs, clic ! Oh, tous ces arbres pleins de gui ! Comme c’est vert, comme c’est beau, comme c’est bucolique !!

Et oui. Oui, j’étais en train de m’esbaudir devant un paysage, ne réalisant absolument pas que, prenant ce train tous les jours depuis quelques mois, toute sensation d’inédit était hautement suspecte.

C’est quand j’ai aperçu dans la porte le reflet du texte défilant derrière moi, et que j’ai donc vaguement déchiffré le nom de “Ponchâteau” projeté à l’envers, que mes quelques neurones ont trouvé judicieux de se rencontrer au milieu de ma boîte crânienne, et que mon cerveau s’est souvenu qu’il n’était pas tout à fait aussi grumeleux que celui de Shumacher.
- Ponchâteau n’a jamais figuré au nombre des arrêts de mon TER Nantes-Le Croisic, même quand il se met en version omnibus et dessert toutes les micros-gare du genre “la croix de Méant” ou “Penhoët”.
- J’étais dans le train depuis environ 10 minutes et je n’avais aperçu que des arbres et des champs, et nada rafinerie, ni tas de gravats ni entrepôt, qui constituent pourtant mon décor habituel.
Au même moment, j’ai entendu l’annonce du prochain arrêt : Pontchâteau, donc. Hell yeah. À 30 bornes de chez moi, mais sur une ligne de train différente.

J’ai tiré de cette mésaventure deux petites remarques que je compte bien faire remonter à la SNCF :
- ce serait pas mal que les destinations des trains soient écrites sur les trains. Parce que dedans, ça sert pas à grand chose.
- C’est quoi ce bins ??? Pourquoi les trois pelés qui prennent le train pour Redon ont droit à ces rolls, alors que nous, pauvres habitants de la presqu’île, on s’entasse dans de vieux TER pourris et dégueus ? On est des usagers de seconde zone ou quoi ??

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Par mes vies
Le 21 janvier 2014
A 16:23
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pétrole

Chaque matin quand je pars, chaque midi ou soir quand je rentre, je passe en train au beau milieu de la raffinerie de pétrole. Et deux fois par jour depuis un mois je me dis que j’aimerais vraiment savoir écrire pour pouvoir décrire ce que je vois, ou alors peut-être prendre des photos correctes, pour vous montrer.

C’est tellement surréaliste et fantasmatique… Le matin, il fait encore nuit, à peine une vague lueur rosée à l’horizon (et même pas du tout, en ce moment). On ne voit rien, tout est noir au dehors, et on sait qu’on arrive d’abord à l’odeur. Au début, on trouve que ça pue, cette odeur de pétrole ou d’essence; mais en fait à force, c’est presque une odeur agréable, très minérale, qui nous submerge, d’un coup.
Et puis juste après on entre dans la raffinerie, mais on ne voit rien, rien des tuyaux ni des cuves, seulement, de part et d’autres du train, des centaines de néons allumés, orientés dans des directions différentes. C’est vraiment indescriptibles, toutes ces lumières crues et blanches dans tous les sens, et rien autour, si on n’est jamais passé en plein jour on ne comprend pas où on est, ni ce que c’est… Et puis ça va très vite, à peine le temps de regarder d’un côté, un peu de l’autre, et ça y est, le train est à nouveau dans la nuit noire, l’odeur s’estompe très vite, ou alors on s’habitue et on ne la sent plus…

Je sais que je vais bientôt arriver, je range mon thermos de thé, je replie le journal gratuit si j’y ai jeté un œil, je m’apprête à descendre.

Au retour, en plein jour, (quand je termine à midi trente), on a l’impression de passer vraiment dans un monde complètement déshumanisé : les cuves immenses et les kilomètres de canalisations enchevêtrées, les énormes vannes, et partout, les fumeroles épaisses qui montent du sol… On pourrait se croire dans un film de science fiction, sur une autre planète…

Si je rentre le soir et que la nuit est déjà tombée, alors je vois de très loin les torchères qui brûlent, leurs flammes violentes, couchées par le vent, non pas rouges ou orangées mais veinées de noire.

Bref, cette raffinerie qui nous place en zone “Seveso 2″, cette raffinerie symbole de la société du pétrole, je la trouve très poétique; et j’essaie deux fois par jour d’en saisir une partie, mais le train passe vite au milieu, et j’ai beau m’y préparer, anticiper, regarder de tous mes yeux c’est toujours trop rapide, ou alors c’est moi qui suis trop lente, je ne parviens pas à décrire, à penser ce qui passe devant mes yeux…

(n’est pas Verlaine qui veut.)

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Par mes vies
Le 16 décembre 2013
A 21:27
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Joyeux Noël

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Le 25 décembre 2012
A 15:02
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england, england

Et non, contrairement à ce que mon titre (emprunté à un roman de Julian Barnes) pourrait laisser penser, il ne s’agit PAS d’un billet littéraire ! (admirez l’exploit)

Je reviens d’une exquise semaine dans le Devon (avec petite incursion en Cornwall), sous le grand beau temps, avec des collègues adorables et des élèves agréables…

Visites, balades, randonnée; un port, une station balnéaire, une mine, un manoir victorien, un parc naturel… Et toujours beaucoup de plaisir. Que demande le peuple ?

Je serais bien restée, d’autant plus que nous avons senti toute la semaine monter l’excitation produite par le Royal Jubilee et son week-end de quatre jours : petits drapeaux et fanions à toutes les fenêtres, puis également sur les voitures, et souvenirs de l’évènement dans toutes les échoppes, y compris les plus petites et les plus paumées.

Mais le plus “grand” moment, je l’ai vécu totalement par hasard, comme souvent : le premier jour, en attendant une partie du groupe, nous étions sous un grand écran en pleine rue, disposé là pour la future retransmission des JO, mais qui diffuse en attendant toutes sortes d’informations locales.
Et là, entre les cours de la bourse de Londres et un fait-divers sordide, je vois passer une annonce pour un concert du Europe Chamber Orchestra, à 19h30, le dernier soir, juste dans la ville où nous nous trouvions…

Pour une vingtaine de livres sterling, j’ai donc eu le privilège d’entendre et de voir cet orchestre exceptionnel… En toute petite formation (cordes seules, 5-4-3-2-1), debout (sauf les violoncellistes bien sûr) et dirigés par le premier violons.

J’avais beaucoup entendu parler de cet orchestre, mais j’ai été soufflée par l’énergie et le plaisir qu’ils dégagent. Quand à leur son… Une illustration de l’homogénéité parfaite de cet orchestre : je regardais les premiers violons, quand j’entends un solo d’alto. En quelques millièmes de seconde, je me fais la réflexion : “un solo, dans un divertissement de Mozart ?” et je tourne la tête vers le pupitre concerné… Les trois altistes étaient en train de jouer. On aurait juré n’entendre qu’un seul musicien…

Le programme ne comportait que des œuvres magnifiques : divertimento puis adagio de Mozart, concerto en La mineur de Bach, adagio de Barber et sérénade pour cordes de Tchaïkovsky.
Si on ajoute à ça que le soliste pour le Bach n’avait que 15 ans, mais que sa maîtrise, la précision de son son, et l’enthousiasme de son jeu faisaient oublier qu’il n’était pas plus âgé que les élèves que j’accompagnais, la soirée ressemblait à un concert idéal…
D’autant plus qu’il s’est poursuivi par un petit moment au pub (être en angleterre, une veille de week-end prolongé et ne pas aller au pub, c’est faire preuve d’une méconnaissance totale de la culture anglo-saxonne !), en terrasse le long du port.

Quand est-ce qu’on y retourne ?

Categorie : Non classé, musique, promenons-nous
Par mes vies
Le 3 juin 2012
A 19:49
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Janvier septante-sept.

Il y a quelques disques qui m’accompagnent depuis toujours. Des disques que j’écoutais, en 33tours, sur la chaine dans la chambre de mes parents, quand j’étais toute petite; et dont je possède aujourd’hui la version CD.

Des disques dont je peux dire qu’il ne s’est pas passé une année entre ma naissance et aujourd’hui sans que je les écoute.

Quelques vieux Tri yann, l’album des Kouerien, les premiers albums d’Yves Duteil. Et celui dont je voulais parler aujourd’hui, un “live” (même si à l’époque personne n’employait ce mot) de Julos Beaucarne : “Au théâtre de la ville, Janvier septante-sept”. Cette captation de concert a donc eu lieu un an, exactement, avant ma naissance.

Je revois parfaitement la grande pochette dans les tons de bleu, représentant un monument quelconque (peut-être le fameux “théâtre de la ville” ? De quelle ville, d’ailleurs ?). Et au milieu, collé là par quelque apprenti graphiste pré-photoshop, la photo la plus incroyable que j’ai vue sur une pochette de disque. Une photo un peu jaune, du chanteur assis par terre, près d’un truc non identifiable (outil ? machine ? Poèle à bois ou à charbon ???), vêtu d’un improbable gilet en jacquard. Une photo comme il en traine dans les albums de famille, ratée, une peu floue, un peu sous-exposée, pas vraiment cadrée…

Une photo qui vient dire le côté simple, nature, presque artisanal de ce concert, de cette musique, de ces chansons.

La pochette du CD est l’exacte reproduction de l’original, sans le moindre travail d’édition. Combien s’en est-il vendu ?

Julos Beaucarne est en dehors de tout ça, chanteur non-commercial, non récupérable, “libre dans sa tête” comme disait l’autre.

Cet album, je le connais par cœur de la première à la dernière note. Comme 12 autres c’est mon album préféré de tous les temps… Une voix, celle de Julos, un violoncelle, une flûte, une guitare, un piano et une voix féminine qui interprète à elle toute-seule  “les chœurs de l’armée verte” comme le dit le chanteur en présentant ses musiciens (en 77, à une époque où ça n’était pas la mode de mettre le vert à toutes les sauces…)

Des textes, surtout. Ceux du chanteurs lui-même, poignants, poétiques, engagés, amusés… Ceux de quelques autres, de Victor Hugo à Arthur Trigaux, obscur auteur-compositeur wallon du début du siècle (le 20ème, bien sûr).

Des textes qu’il chante, et d’autres qu’il dit, accompagné ou non des instruments…

Parmi les chansons, les textes, les intermèdes instrumentaux, j’ai du mal à choisir un seul extrait, tant tous me parlent, me touchent, m’amusent ou m’émeuvent.

Les textes sur Périclès ou sur la francophonie, toujours terriblement d’actualité, les chansons amusantes, comme l’oncle Eustache ou la petite gayole, sont de vrais petits bijoux.

Les chansons plus graves ou plus poétiques ont tout de même ma préférence… J’ai “travaillé” avec des élèves la chanson sur un poème de Victor Hugo : “Je ne songeais pas à Rose”, très belle chanson à l’accompagnement parfaitement pensé, à la flûte et au violoncelle, qui endossent chacun le rôle de l’un des personnages du poème.

“Chanson pour Loulou” est une chanson belle, poignante mais toujours optimiste et jamais larmoyante, qu’il a écrite après l’assassinat de sa femme, par un vagabond qu’ils hébergeaient…

“À vous mes beaux messieurs” est une chanson pacifiste et humaniste, que je fais comparer au “Déserteur” par les élèves de 3ème, vu qu’elle s’en rapproche un peu sur la forme (l’adresse directe aux puissants…)

Mais celle qui m’a toujours bouleversée c’est “Lettre à Kissinger”.

Elle raconte de façon crue et factuelle la mutilation et l’exécution publique de Victor Jara, au Chili. C’est une chanson que je ne peux pas écouter sans avoir la chair de poule et les larmes aux yeux, bien que je l’ai entendue déjà des milliers de fois.

Elle nous rappelle qu’aujourd’hui comme toujours, les artistes, les musiciens, les poètes, ceux qu’on dit parfois rêveurs, en dehors du monde et de ses réalités, sont la principale cible des régimes totalitaires… Car comme le chante Yves Duteil,

Vous pouvez fermer vos frontières
Bloquer vos ports et vos rivières
Mais les chansons voyagent à pied
En secret dans des coeurs fermés

La chanson engagée, la chanson politique, la chanson de résistance a encore beaucoup de force et de puissance…

L’accompagnement à la guitare qui monte en puissance de couplet en couplet, les longues tenues au violoncelle contribuent à la tension palpable de cette chanson.

(je parle là de la version concert, celle de “mon” disque. Sur la vidéo, c’est une version album, légèrement différente.)

Je vous conseille d’aller lire la fiche Wikipedia de Julos Beaucarne. Le portrait qui en est dressé rend le personnage bien plus que sympathique…

Il faut, absolument, lire la lettre ouverte écrite par Beaucarne au lendemain de l’assassinat de sa femme, qui se termine par ces mots superbes : “il faut s’aimer à tort et à travers”.

Et enfin, le site qui retrace la vie, l’oeuvre, l’action politique, la mort, et l’héritage de Victor Jara.

et enfin-enfin, la chanson…

Categorie : Non classé, musique, la chanson du jour
Par mes vies
Le 8 février 2012
A 14:32
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vacances de luxe.

Après tout, le luxe, c’est un concept hautement relatif. Donc, selon mes propres standards, j’ai passé une semaine de luxe absolu. Jugez plutôt : une minuscule sous-préfecture du centre-ouest, loin de la mer, loin de la montagne (et même pas vraiment à la campagne non plus !). Un camping sans piscines à toboggan, sans animations, sans snack ni épicerie. Juste un peu d’herbe, des arbres, des sanitaires, et 25 emplacements, occupés exclusivement par des anglais (les propriétaires eux-même sont anglais et le site du camping est rédigé dans cet idiome.)

Une semaine, toute seule avec ma tente Quechua, ma pile de livres, et des vaches pour voisines immédiates. Pas de gosses, pas de GérardKlein, pas d’horaires, pas de repas à préparer, pas de linge à laver, pas de balai à passer. Une semaine à manger cru (j’avais même pas pris le camping gaz, le luxe, j’ai dit !! j’allais pas non plus faire la cuisine…), à devoir marcher 30 minutes pour accéder au premier café, et à lire entre 6 et 8 heures par jour.

À ce rythme-là, j’ai pas été aussi “productive” que j’aurais cru : j’ai fini Nous étions les Mulvaney (il me restait dans les 400 pages), lu La Chartreuse de Parme (que je n’avais jamais lu), Au Sud de la Frontière, à l’Ouest du Soleil, et presque terminé Du Côté de chez Swann. (oui, ça y est, je me suis jetée dans la lecture-fleuve de Proust. Et j’ai eu bien tort d’attendre aussi longtemps !).

Des billets en prévisions sur tout ça, mais en attendant : pour 79 euros TTC la semaine, j’ai du mal à croire que certains pensent le luxe hors de portée ? (OK, j’ai pas compté le prix des pommes et des tomates qui ont constitué la base de mon alimentation, ni celle des bouquins, mais même, je dois pas en être à plus de 100 euros.)

Categorie : Non classé
Par mes vies
Le 23 août 2011
A 16:49
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Categorie : Non classé
Par mes vies
Le 24 décembre 2010
A 23:48
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J’écoute France Inter. Toute la matinée ou presque, tous les jours, ou presque. Depuis que je suis née. J’ai mangé mes premières purées d’épinard au son de “Chers amis, bonjour !!”, et je ne conçois pas un dimanche soir sans les critiques fielleuses ou enthousiastes du “Masque et la Plume”.

Mais ma came, mon fix, c’est la matinale. Le 7-9, qui depuis peu est devenu le 6 et demi-10… Certaines personnes ne peuvent pas commencer la journée sans un café, moi ça n’est pas mon cas. Mais je ne peux pas démarrer une quelconque activité sans ma tranche d’infos et de chroniques matutinales. J’ai un peu la nostalgie de “regards sur le monde” de Dominique Bromberger, d’ “Est-Ouest” à l’époque où le mur de Berlin tenait encore debout, et je sais encore dire “Moskva, dobri  dien” (”Moscou, bonjour”), le salut de la correspondante à Moscou. J’ai oublié son nom, par contre (alors que  celui d’Ulysse Gosset, correspondant à Washington, restera gravé jusqu’à la complète déliquescence de mes neurones.)

La nostalgie aussi de la revue de presse d’Ivan  Levaï (mais je peux le retrouver avec plaisir le week-end). En revanche, ni Didier Porte, ni Stéphane Guillon ni François Morel, ni, en leurs temps, Martin Winckler (dieu sait à quel point je  l’adore, pourtant), ni Guy Carlier n’ont jamais pu me faire oublier l’immense, le regretté Philippe Meyer.

Ce long préambule pour  situer la dévotion dans laquelle je suis lorsqu’il s’agit de la matinale de France Inter.

Mais (ben oui, il y a un mais : quel intérêt, sinon !!) il y a quelque chose qui depuis longtemps me  chagrine, et en ce moment, littéralement, m’exaspère.

Les pubs.

Pour avoir, les jours noirs de grève du service public, écouté l’affligeant pendant de la matinale de France Inter sur Europe 1,  j’ai conscience que la quantité de pub qu’on mange entre 7 et  9 sur Inter est très faible.

Mais ces pubs, pour peu nombreuses qu’elles soient, ont le dont de me  hérisser.

D’abord, il faut savoir que sur France Inter, on ne peut diffuser des réclames qu’à conditions qu’elles émanent d’organismes publics ou “d’intérêt général”.  Je cite :

S’agissant enfin de la publicité sur ses antennes, Radio France ne diffuse des messages de publicité collective et d’intérêt général que sur France Inter, France Info et France Bleu. La durée moyenne quotidienne de publicité autorisée par le cahier des missions et des charges sur ses antennes nationales est de 30 minutes. En 2008, France Inter a diffusé 12 minutes de publicité par jour et France Info, 15 minutes.

 

Donc,  des messages émanant de collectivités territoriales, des campagnes de promotions de ceci ou de  cela, les messages de santé publique (comme cet hiver où on nous a répété 3 fois jour de nous moucher dans notre pull au lieu de projeter nos postillons grippaux sur le voisin), et SURTOUT, des pubs affligeantes pour les  assurances, les banques, les organismes de retraites complémentaires ou les mutuelles.

Et là, franchement, clairement, c’est de pire en pire. On nous prend pour   des demeurés : la pub pour  la Matmut, avec Chevalier et Laspallès, dont le scénario change régulièrement,  en est un exemple frappant. Celles de Groupama avec leur exaspérante “Cerise”, qui a toujours la bonne solution au problème terrrrrrrible de ses adhérents (adhérents trop cons pour penser eux-même “Ah mais attend, on raque 329€ d’assurance par mois, il me semble qu’on est  couverts pour le bris de lunettes, non ?”. Nan. Ils cassent leurs lunettes, ils se mettent à pleurer. Et ils attendent que Cerise les appelle pour les rassurer. (Je vous dis pas, les sinistrés de la dernière tempête en date, si ils attendent que l’assurance pense à eux, ils peuvent attendre longtemps.)

La pub pour le Crédit Machin qui va prêter 200 000 € sur trois générations, à un taux frôlant l’usure… Celle-là, je l’adore : une femme hystérique hurle à son mari “Mais comment qu’on va faire, pour payer la maison ET commencer à  l’aménager en même temps ???” et  son mari lui met un   disque,   en répondant “no stress, grâce au Crédit Machin, qui nous  tient à la   gorge pour les 45 prochaines années,  et à  sa  grande magnanimité, on ne commence à  rembourser qu’au bout de 3 mois”.

Elle est où, la mère Babette, quand on fait passer une femme pour une débile hystérique, qui compte sur son mari pour lui expliquer comme à    une enfant de 3 ans les modalités d’un prêt qu’elle a vraisemblablement contracté avec lui ??? Ah, oui, c’est vrai… Elle encaisse et elle va critiquer les couches lavables.

 

Et j’en passe, et des meilleurs! des poulets de Loué à la pub semi-voilée pour le  millionnaire Luc Besson, via  le  conseil général de  la Vienne et   son futuroscope…

 Bref, j’écoute de plus en plus d’émissions et de  chroniques en podcast… et je n’ai plus de    télévision depuis près d’un an. Peut-être que c’est ça qui me     rend de moins en moins   tolérante à la publicité ?? L’invention des “bloqueurs de  pub” pour navigateurs internet m’a déjà délivrée d’une bonne partie des agressions publicitaires   lors de mes navigations quotidiennes… Qui inventera le “bloqueur de pub” pour les ondes ???

 

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Par mes vies
Le 30 mars 2010
A 10:00
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