mes vies

blog multidirectionnel : mes vies de mère, de prof, de musicienne, de lectrice, de promeneuse, de dilettante en tout et spécialiste en rien… Et même mes vies de cuisinière, couturière et tricoteuse !

 

Une de plus en moins

Et on en est déjà là. C’est déjà les touristes tard le soir aux terrasses des crêperies le long du port du Croisic, déjà les robes légères, les shorts, les polos, les pulls posés sur les épaules et les manches attachées ensemble, déjà les sandales et les chaussures en toile, déjà les balades le soir sur la plage.

Cette année j’ai travaillé à l’intérieur des terres, j’ai un peu perdu le pouls de la presqu’île (l’année dernière je passais matin et soir devant le camping pour aller au collège, qui était à 300 mètres de la plage, les touristes je les ai vu arriver, l’été je l’ai senti venir, la sortie “La Baule” embouteillée le vendredi soir, les lunettes de soleil quand j’allais au conseil de classe pour ne pas avoir le soleil couchant dans les yeux…) je n’ai pas vu l’été arriver et il est déjà là. Dans 15 jours le fest-noz de Kervalet, le premier de la saison en plein air (enfin probablement pas le premier de la saison… mais celui qui pour moi est un véritable repère, toujours le dernier samedi de juin, le premier fest-noz où on danse avec des touristes, le feu de la St Jean, les rond paludiers)…
Et toujours, avec juin, ce petit pincement, ce “déjà ?”. L’année est passée si vite. Et pourtant non, pourtant ces jours qui s’enfilent les uns après les autres, ces longues semaines, c’est quand déjà les vacances. Mais quand on y est c’est comme si tout ça n’avait duré qu’une seconde.
À la fin de ma toute première année scolaire en tant que prof, après les dernières réunions, après le départ des élèves, après les classes rangées, les casiers vidés, les bureaux déblayés, les chaises empilées, un collègue, plus proche de la fin de sa carrière que du début, avait dit “Allez, une de plus en moins”.

Voilà, on y est, encore une fois, “une de plus en moins”.

Categorie : moi
Par mes vies
Le 9 juin 2014
A 10:28
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t’as voulu voir Rouen…

Rouen, donc. Autant, passer les écrits à Paris, c’était vraiment plaisant. D’abord, le simple fait d’être à Paris. De marcher dans les rues de Paris, de me remplir les yeux, et de déambuler dans le saint des saints (à savoir le Monoprix de Montparnasse). Sans compter qu’à chaque séjour j’ai réussi à caser un peu de vie sociale (une terrasse de café, une expo, un salon… en compagnie d’amis pas vus depuis longtemps).

Rouen, par contre… outre le fait que je n’y connaisse absolument personne, je pouvais difficilement y caser quoi que ce soit : le voyage dure 6 heures. Oui, le double d’un Paris-St Nazaire. (alors qu’à vol d’oiseau la distance est la même, à 2 kilomètres près selon l’omniscient Gougueule)

Cependant, j’avais dans l’oreille la chanson de Vincent Delerm sur Rouen, “voici la ville”, et quelques images de la cathédrale peinte par Monet… Soulagée d’un bon paquet de stress à l’issue de mon oral, et en avance de quelques heures selon mon habitude, j’avais donc décidé d’aller un peu à pied explorer la ville. Il tombait, bien sûr, une petite pluie fine et pénétrante mais je suis nantaise et je ne crains pas ce type d’intempérie (qui en est à peine une à mes yeux). Je descendais vers les bords de Seine, passant dans des petites rues très étroites avec des maisons à colombage (ô combien exotique pour quelqu’un qui vit dans une ville où les rares bâtiments anciens datent du début du XXème siècle) quand la pluie a commencé à s’intensifier. Bientôt, il m’a fallut me réfugier sous le auvent d’un marchand de chaussure, et j’ai assisté à la pire averse de toute mon existence. (et j’ai vécu 18 ans à Nantes, je le rappelle !) Il est tombé “la mer et les poissons”, comme dit ma grand-mère, et de la grêle en surplus. Les rares passants agrippaient leurs parapluies et courraient comme s’ils avaient le diable aux trousses; et la la plupart des gens faisaient comme moi et s’abritaient en attendant la fin du déluge.
Au bout d’une dizaine de minute quand même, j’ai fini par abandonner l’idée de faire du tourisme dans la ville où le plus grand chanteur français du XXIème siècle fit ses études, j’ai rabattu ma capuche sur mon front et je suis retournée dare-dare à la gare, où j’ai attendu mon train au buffet, devant un café, trempée comme une soupe.

Je n’aurai donc de Rouen que quelques images aperçues par les fenêtres d’un bus : des rues très pentues, de belles maisons à colombage, de la pluie comme jamais, et le parking d’un hypermarché comme unique vue depuis ma chambre d’hôtel…

Categorie : moi, la chanson du jour
Par mes vies
Le 14 mai 2014
A 17:18
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Aujourd’hui était la journée mondiale de mes corvées administratives : j’ai déclaré mes revenus en ligne  (visiblement les économies de fonctionnement au niveau de l’état ont commencé : ils ont viré les personnes chargées de l’ergonomie du site. J’ai passé plus de temps à chercher où cliquer pour “déclarer” qu’à compléter ma déclaration elle-même. En même temps, après toutes ces années de gel salarial, c’est vite déclaré : j’ai pas des montants à 6 chiffres à rentrer. Je plains Jérôme Cahuzac, c’est vrai, c’est des tracasseries tout ça, on le comprend quand finalement il s’est dit “oh ben zut ! c’est trop long à faire toutes ces déclarations, le site est mal fichu, je vais plutôt mettre tout ça en Suisse c’est plus vite fait”), et j’ai saisi mes “vœux” d’affectation pour l’année prochaine.
Alors là, j’adore : on me demande le NUMEN de GérardKlein. (je vous passe les détails mais j’ai fini par le trouver. Son NUMEN, pas GérardKlein, hein, suivez, un peu. Lui est en vacances avec les nins, histoire que je puisse bosser tranquillement pour l’oral du concours, afin de ne pas avoir rentré son NUMEN pour rien dans le site de l’éducation nationale.) Donc je rentre le NUMEN. Pour les initiés, le NUMEN, c’est le NUMEN; pour les autres, c’est en gros le numéro de matricule des agents de l’éducation nationale.

Et donc, étape suivante : on me demande… quel est l’employeur de mon conjoint !!! Ha ba bravo. S’il a un NUMEN, tu crois qu’il bosse où, Einstein ?? Tu crois qu’il cire des pompes à l’Élysée, ou quoi ?

Pis je veux pas dire, mais quand j’ai rentré MON numen, le site m’a ressorti toutes les informations sur moi dont il dispose (enfin peut-être pas toutes, mais au moins, mon adresse et mon affectation actuelle). Il pourrait pas faire la même chose avec celui de mon conjoint ? Ben non, faut croire que non. Puisqu’il m’a ensuite demandé l’adresse de l’employeur de GérardKlein (j’ai bien hésité à rentrer la rue de Grenelle, mais faut pas trop jouer au con avec l’éducation nationale, on est pas sûr de gagner. D’ici à ce qu’ils m’affectent à Paris dans le VIIème au titre du “rapprochement de conjoint”…)

Alors Big Borther is watching me, ça je le sais, mais en plus il me prend pour une tanche…

Categorie : moi
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Le 6 mai 2014
A 14:26
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Trainspotting

image by vlg0901

Peut-être te demanderas-tu, lecteur, ce que je pouvais bien faire à Ponchâteau à 14 heures, en ce mardi.
Et bien la réponse pourrait être assez courte, mais je les préfère longue. Alors voilà.
Il se trouve que le mardi je fais chanter les élèves de la chorale de 12h30 à 13h15 environ. Sauf que, de plus en plus, on déborde, parce qu’une veut que je lui montre les accords de guitare de telle chanson, une autre veut que j’écoute ceci ou cela, une troisième demande qu’on mette une chanson sur la chaîne pour chanter par dessus…
Bref, en partant, je savais que j’étais ric-rac pour attraper mon train. J’ai eu beau marcher vite, c’était pas gagné. Donc quand j’ai entendu au loin la voix synthétique de la gare annoncer l’arrivée quai B d’un train, je me suis mise à courir. (erreur n°1). Je suis arrivée juste à temps, et j’ai sauté dans le train. (erreur n°2). Il était pile, à une ou deux minutes près, l’heure de “mon” train.
Tout d’abord, j’ai cherché une place. Il y en avait plein. Mais genre, PLEIN. On devait être 3 ou 4 dans tout le train. Et puis, quel train !! des fauteuils spacieux, moelleux, des petites lampes au-dessus des fenêtres… Waou !! le confort d’un TGV, au moins, dans mon TER. (non ça n’a pas fait tilt. C’est ça, fait pas le malin.)
Et puis, les fenêtres : bien propres, toutes lavées de frais !! (alors que ça fait bien 3 semaines que tous les trains sont intégralement recouverts d’une couche épaisse de boue, y compris sur les fenêtres, rapport à une légère humidité persistante depuis début janvier.)
Alors bien calée dans mon large siège, contre la fenêtre, j’ai dégaine l’iPad dans le but de me livrer à ma récente passion : la photographie de la raffinerie par la fenêtre du train. (hobby rendu impossible à cause de la boue sur les fenêtres, voir plus haut). Et j’ai commencé à prendre quelques photos, en attendant les tuyaux. Oh, un bel arbre ! clic ! Oh, ce champs, clic ! Oh, tous ces arbres pleins de gui ! Comme c’est vert, comme c’est beau, comme c’est bucolique !!

Et oui. Oui, j’étais en train de m’esbaudir devant un paysage, ne réalisant absolument pas que, prenant ce train tous les jours depuis quelques mois, toute sensation d’inédit était hautement suspecte.

C’est quand j’ai aperçu dans la porte le reflet du texte défilant derrière moi, et que j’ai donc vaguement déchiffré le nom de “Ponchâteau” projeté à l’envers, que mes quelques neurones ont trouvé judicieux de se rencontrer au milieu de ma boîte crânienne, et que mon cerveau s’est souvenu qu’il n’était pas tout à fait aussi grumeleux que celui de Shumacher.
- Ponchâteau n’a jamais figuré au nombre des arrêts de mon TER Nantes-Le Croisic, même quand il se met en version omnibus et dessert toutes les micros-gare du genre “la croix de Méant” ou “Penhoët”.
- J’étais dans le train depuis environ 10 minutes et je n’avais aperçu que des arbres et des champs, et nada rafinerie, ni tas de gravats ni entrepôt, qui constituent pourtant mon décor habituel.
Au même moment, j’ai entendu l’annonce du prochain arrêt : Pontchâteau, donc. Hell yeah. À 30 bornes de chez moi, mais sur une ligne de train différente.

J’ai tiré de cette mésaventure deux petites remarques que je compte bien faire remonter à la SNCF :
- ce serait pas mal que les destinations des trains soient écrites sur les trains. Parce que dedans, ça sert pas à grand chose.
- C’est quoi ce bins ??? Pourquoi les trois pelés qui prennent le train pour Redon ont droit à ces rolls, alors que nous, pauvres habitants de la presqu’île, on s’entasse dans de vieux TER pourris et dégueus ? On est des usagers de seconde zone ou quoi ??

Categorie : Non classé, moi
Par mes vies
Le 21 janvier 2014
A 16:23
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la merdouille

Quiconque a plus d’un enfant a déjà assisté à ça : l’arrivée, par le biais d’une volonté supérieure incontrôlable (comme le cadeau offert avec un menu enfant sur une cafétéria d’autoroute), d’une merdouille en plastoque, moche, fragile, inutile, et de préférence parée de couleurs criardes. UNE merdouille, bien sûr. Et plus d’un enfant. Les ressorts dramatiques sont bien en place, ils vont se disputer la merdouille, d’abord négocier une forme de partage, mais l’un des co-propriétaire se sentira lésé, tentera d’obtenir une meilleure part de la merdouille, en usant au besoin de moyens hautement réprouvés dans la fratrie (comme la morsure, le hurlement, la dissimulation de la merdouille sous son oreiller…). Bref, tel Salomon, il te faudra, cinq fois, dix fois, trancher, décider, négocier, imposer, et encore, et encore ils viendront à tour de rôle pleurer dans ton giron pour leur merdouille adorée.
Et là, le troisième jour, leur merdouille, elle sera posée sur la table de la salle à manger, gisante, abandonnée, entre un vieux mouchoir, une bille, un verre à moitié plein et une pelure de clémentine. Lasse, tu réclameras un peu d’aide : “Oh les enfants, vous venez me ramasser votre bodeeeeeeel, là !!! Chuis pas la bonne, ici, nan mais c’est pas croyable ça, TOUT, je dois TOUT faire, avec tout le boulot que j’ai en plus, mais c’est ça, allez-y, dites-le, c’est ma mooooooort que vous voulez, hein, tous autant que vous êtes !!!!”
(ou, plus sobrement, “Allez les enfants, venez ranger ce que vous avez laissé sur la table !”. Bon, chacun son style, quoi).

Au troisième appel (après menaces, chantage et hurlements), ils descendront l’escalier de leur pas traînant, chacun, en soupirant, s’acquittera de débarrasser qui un verre, qui un mouchoir sale. Et ils laisseront la merdouille. Et quand tu diras à l’un d’eux “Hé, t’as oublié ta merdouille !” il ou elle te répondra, cinglant : “c’est pas à moi, c’est à l’autre !”.

Et oui, pauvre merdouille, tu fus l’objet de toutes les convoitises, et après t’avoir conquise de haute lutte, ils t’auront abandonnée, complètement. Au point qu’ils préfèreront que ce soit moi qui te jette à la poubelle (plutôt que d’avoir à te ranger eux-même dans la salle de jeux…)

Categorie : scène de la vie de famille, education
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Le 2 janvier 2014
A 11:05
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pétrole

Chaque matin quand je pars, chaque midi ou soir quand je rentre, je passe en train au beau milieu de la raffinerie de pétrole. Et deux fois par jour depuis un mois je me dis que j’aimerais vraiment savoir écrire pour pouvoir décrire ce que je vois, ou alors peut-être prendre des photos correctes, pour vous montrer.

C’est tellement surréaliste et fantasmatique… Le matin, il fait encore nuit, à peine une vague lueur rosée à l’horizon (et même pas du tout, en ce moment). On ne voit rien, tout est noir au dehors, et on sait qu’on arrive d’abord à l’odeur. Au début, on trouve que ça pue, cette odeur de pétrole ou d’essence; mais en fait à force, c’est presque une odeur agréable, très minérale, qui nous submerge, d’un coup.
Et puis juste après on entre dans la raffinerie, mais on ne voit rien, rien des tuyaux ni des cuves, seulement, de part et d’autres du train, des centaines de néons allumés, orientés dans des directions différentes. C’est vraiment indescriptibles, toutes ces lumières crues et blanches dans tous les sens, et rien autour, si on n’est jamais passé en plein jour on ne comprend pas où on est, ni ce que c’est… Et puis ça va très vite, à peine le temps de regarder d’un côté, un peu de l’autre, et ça y est, le train est à nouveau dans la nuit noire, l’odeur s’estompe très vite, ou alors on s’habitue et on ne la sent plus…

Je sais que je vais bientôt arriver, je range mon thermos de thé, je replie le journal gratuit si j’y ai jeté un œil, je m’apprête à descendre.

Au retour, en plein jour, (quand je termine à midi trente), on a l’impression de passer vraiment dans un monde complètement déshumanisé : les cuves immenses et les kilomètres de canalisations enchevêtrées, les énormes vannes, et partout, les fumeroles épaisses qui montent du sol… On pourrait se croire dans un film de science fiction, sur une autre planète…

Si je rentre le soir et que la nuit est déjà tombée, alors je vois de très loin les torchères qui brûlent, leurs flammes violentes, couchées par le vent, non pas rouges ou orangées mais veinées de noire.

Bref, cette raffinerie qui nous place en zone “Seveso 2″, cette raffinerie symbole de la société du pétrole, je la trouve très poétique; et j’essaie deux fois par jour d’en saisir une partie, mais le train passe vite au milieu, et j’ai beau m’y préparer, anticiper, regarder de tous mes yeux c’est toujours trop rapide, ou alors c’est moi qui suis trop lente, je ne parviens pas à décrire, à penser ce qui passe devant mes yeux…

(n’est pas Verlaine qui veut.)

Categorie : Non classé
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Le 16 décembre 2013
A 21:27
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Glop et pas glop

Une petite série de “j’aime” et “j’aime pas” totalement nombriliste et sans le moindre intérêt, vous voilà prévenus et venez pas vous plaindre !

- J’aime pas :

être dans un collège où il y a deux photocopieuses (enfin non, un photocopieur et un repro, c’est pas pareil) pour 55 profs et 700 et quelques élèves. Évidemment, un lundi de rentrée, ça se bouscule un peu. J’ai pris le train de 7 heures histoire d’arriver de bonne heure au collège et de pouvoir faire mes photocops pour la matinée. À midi, j’ai entrepris de faire celles pour l’après-midi. Bien sûr, vu qu’il avait tourné à fond toute la matinée, le repro s’était mis en grève. Heureusement, aujourd’hui, ces machines là nous parlent et expliquent précisément de quoi elles ont besoin : “ouvrir le clapet n°4″, “appuyer sur le tiroir pour l’éjecter”, “contrôler le rouleau”… Bingo, le rouleau était vide. Panique à bord, putain de sa mère ousqu’on fout les rouleau dans cette tôle ? Après sondage rapide, il apparait qu’il faut aller les réclamer à la gestionnaire (à l’autre bout du collège, donc). Je cours dans les couloirs, un œil sur la montre… La gestionnaire me tend le rouleau en me disant “vous demanderez à un de vos collègues de le changer”… Moi, confiante, je retourne dare-dare à la photocopieuse, mon rouleau sous la main… La file d’attente derrière l’autre machine me rappelle la Pologne en 1986… Je clame donc à la cantonade “J’ai le rouleau, qui sait le remplacer ?”

Et la réponse : ben personne.

Retourne donc à l’administration (en sprintant, cette fois : il me reste vingt minutes pour faire 200 photocops, si j’arrive pas à relancer le repro c’est mort…). Soupir de la gestionnaire… “Mais je sais pas faire, moi, je suis pas technicienne”.
BORDEL MOI NON PLUS, MAIS LA DIFFÉRENCE C’EST QUE LA MAINTENANCE DU MATÉRIEL C’EST PAS DANS MA FICHE DE POSTE, ai-je envie de hurler en la secouant par le col. (mais je me retiens, je sens que ça n’aiderait pas).
On retourne en salle des profs, elle en trainant les pieds, à une allure de sénateur, moi en courant histoire de lui faire comprendre que c’est *un peu* pressé…

Je vous passe sur les essais, les tâtonnements, jusqu’à l’insertion réussie du nouveau rouleau…

Bref, j’ai paré au plus pressé, mais il a fallu que je reste jusqu’à 18 heures pour terminer mes diverses copies. (Et là curieusement, y’a pas la queue à la photocopieuse… mais c’est bien le seul moment de la journée…)

- J’aime :

Le collègue qui m’a montré comment, en insérant le manche d’une petite cuillère dans l’orifice laissé par un bouton manquant, on allume la Krups de la salle des profs. Sachant que jusqu’ici, de désespoir, j’en était réduite au lyophilisé, vous mesurerez mon bonheur.

La jeune fille assise derrière moi dans le bus qui, au moment de descendre, se penche vers moi et me dit “j’adore comme vous êtes coiffée”. Qu’une pluie de paillettes parfumée s’abatte sur toi, jeune fille au si bon goût !

(et à propos de machine à café : je peux avec certitude prédire l’ambiance d’un collège en jetant un simple coup d’œil à la salle des profs. Ici : distributeur payant. L’alternative est constituée d’une bouilloire et donc, d’une cafetière à dosettes, sans Georges, et sans bouton “on”. Pas de cafetière électrique, pas de micro-onde, encore moins de frigo… Pas de “caisse” commune pour l’achat de café, de thé ou de biscuits : chacun s’amène sa pomme ou sa barre chocolatée pour la pause… OK, je vois l’ambiance… et je vais de ce pas m’acheter mes dosettes, et les garder sous clé dans mon casier, comme ça semble être l’usage…)

Categorie : moi
Par mes vies
Le 7 novembre 2013
A 16:18
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“Au chat botté”

C’est une scène assez surréaliste, vécue ce matin même dans un magasin de chaussures, qui me redonne l’envie d’écrire quelque chose ici…

Mais d’abord il faut que je raconte ce qui m’amène dans ce magasin de chaussure. (oui, le besoin d’une nouvelle paire, tu l’avais deviné, perspicace que tu es…) : cette année je réalise un vieux rêve, aller bosser en train. (oui certains de mes rêves ressemblent aux cauchemars des autres, mais bon que veux-tu, il en faut pour tous les goûts, comme disait ma grand-mère (pas la pute, la collabo, comme disait quelqu’Un). Bosser en train, je sais pas, j’en rêve depuis longtemps, m’installer dans le siège confortable, sortir mon bouquin, voire mon tricot (deux heures par semaine, à Pâques j’ai une paire de chaussettes, non ?)

Bon, donc cette année, l’occasion se présente. J’ai le choix entre user ma kangou jusqu’au bout (elle a déjà 250 000 km au compteur, et je ne compte plus les bruits bizarres ni les allumages intempestifs de voyants…), ou prendre le train, je préfère donc le train, conformément au slogan de la SNCF.

Et certes, je ne suis pas déçue. Les TER sont confortables, pendant un quart d’heure chaque matin et chaque soir à 13h30 (oui ben ça va, ho !!! je fais des heures sup cette année, en plus !!), je peux bouquiner, ou écouter les nombreux podcasts qui se sont accumulés dans mon iTunes, tout en buvant mon thé grâce à ma fidèle mug isotherme… C’est vraiment chouette.

Ce qui est un peu moins chouette, c’est qu’avant le train, j’ai aussi un quart d’heure de bus (et là, tu bois pas de thé sinon tu t’ébouillante à chaque cahot, tu ne lis pas parce que sinon tu vomis, et tu ne tricotes pas sous peine d’éborgner un de tes voisins, même si tes double-pointes sont des “courtes” spéciales chaussettes, justement. Reste donc le podcast dans les oreilles, j’en sais plus que je ne le voudrais sur la Fantaisie et Fugue sur BACH de Liszt, une émission d’une heure trente  comparant la version pour orgue et celle pour piano, décortiquant chaque phrase…); mais le bus, ça va encore : dedans, on est au sec.

Le pire vient APRÈS le train (ou avant quand je rentre du collège, faut suivre un peu aussi) : vingt minutes de marche au pas de charge. Sous la pluie. (oui, sous la pluie, SYSTÉMATIQUEMENT.)
Autant j’aime marcher, et je suis capable de marcher des heures. Autant marcher à ce rythme-là, c’est plus vraiment de la promenade. Surtout avec un gros cartable dans une main, et un petit sac dans l’autre. (oui, le petit sac est indispensable : je les mets où, sinon, mon lecteur MP3, ma mug isotherme et mon bouquin, indispensables à mon bien-être pendant le quart d’heure de train, mmh ?) (ben non, ça tient pas dans mon cartable ! Sans compter que la dernière fois que j’ai essayé, j’avais mal fermé la dite mug, qui est fort étanche quand on verrouille son couvercle, mais qui, sans ce petit clic anodin, a déversé environ une tasse de café sur mes cahiers, partitions, listes de classes, etc…).

Aucune de mes trois paires de godillots ne s’est révélée vraiment étanche (et contrairement à la mug, elles ne disposent pas du petit “clic” de verrouillage anti-pluie). Je frôle donc la mort chaque jour, en faisant 4 (et même une fois 7 !) heures de cours les pieds dans des chaussettes trempées.

Les trois paires, pourtant vieilles comme mes robes, et beaucoup plus souvent portées que celles-ci, me font des ampoules aux pieds quand je les soumets à ce rythme intensif. Et mon budget chaussettes risque d’exposer, vu que les même chaussures, non contentes de me déchirer la peau des orteils, s’attaquent également au tissu qui les recouvre…

Ha, perspicace lecteur, tu commences à voir le rapport avec l’introduction de ce billet…

… et oui, je me suis donc mise, en ce jour sans cours pour moi, en quête du graal : la paire de pompes confortables, imperméables, chaudes, et, last but not least, élégantes. (en tout cas, portables au collège.)

Oui, ben je te la fais courte : ça n’existe pas. (du moins pas dans cette galaxie)

J’ai écumé les boutiques du centre, les branchées, les cheaps, les “normales”, et je n’ai pas vu grand chose qui y ressemble, même de loin.

J’ai tout de même poussé la porte d’une boutique, et saisi une paire de godillots à lacets, noirs, fourrés d’une espèce de moumoute blanche, qui crie “confort” et “chaleur”. La chaussure de démonstration dans la main, j’alpague une vendeuse, et lui demande si je peux essayer cette paire dans ma pointure. (41) (Si, c’est important pour la suite). La vendeuse me regarde, choquée : “C’est pour vous ?”

(moi, in petto : “Non, j’essaye des chaussures pour ma sœur. C’est con, par contre, elle chausse du 38″). Je confirme donc à la vendeuse que oui, j’ai bien l’intention de les essayer “pour moi”.

Et là, attention, la réplique qui tue : “Heu, mais c’est un modèle homme, ça”.

Et pan, dans mes dents !!! Non mais ho, ça va pas la tête ? Où va le monde si on se met à acheter des chaussures qui sont pas prévues pour notre sexe ?? Attend, bientôt tu vas voir des jeunes qui vont vouloir acheter des Mephisto, des mamies en Converses, et des jeunes de banlieue en mocassins à glands !

Je demande donc, (une pointe d’agacement dans la voix) “Et au rayon femme, vous en avez, des bottillons fourrés, comme ça ?”

La vendeuse jette un regard vers ses piles de boîtes où s’étalent des ballerines (noires, bleues, oranges, cloutées, élastiquées, avec un nœud, vernies…), des escarpins, et des bottes cavalières à talon, puis avoue que, non, elle n’a pas ça. (elle n’ajoute pas qu’à son avis, ainsi qu’à celui de tous les décideurs de la marque, une femme ne devrait pas porter d’écrase-merdes fourrées, mais uniquement de légères ballerines, même si elle marche 40 minutes par jour, à toute vitesse, sous la flotte, et que par conséquent elle risque de flinguer une paire par semaine au moins).

“Bon, alors tant pis, je vais quand même essayer celles-là, même si elles sont “pour homme”.

(et non, je ne les ai pas prises, mais le fait qu’elles soient “pour homme” n’a pas pesé dans ma décision, folle que je suis…)

Categorie : moi
Par mes vies
Le 17 octobre 2013
A 12:19
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La petite poule rousse…

Avoir des poules, ça fait bien longtemps que ça me taraudait. Imaginez, le rêve, de bons œufs frais, issus de poules “vraiment” élevées en plein air, tous les jours… Fini les boîtes d’œufs, même “bio”, provenant d’élevages industriels dans lesquels les poules sont massées les unes contre les autres, dans des hangars sordides et dégoûtant, n’allant la plupart du temps même pas sur le “libre parcours” laissé à leur “disposition” (les photos des boîtes où on voit trois poulettes galoper dans une belle prairie bien verte sont assez loin de la triste réalité… Mais vous le saviez déjà).

Bref, avec l’arrivée de Loulou les choses se sont accélérées. Loulou est un chien de berger, et, parait-il, un troupeau à garder est “nécessaire” à son épanouissement. On a donc décidé de lui offrir un troupeau de (deux) poules.

Mais comme on ne met pas les poules avant le poulailler, il a fallut d’abord récupérer des planches (en l’occurrence des palettes et des portes de garage abandonnées sur le trottoir), concevoir, découper, assembler, goudronner (les pieds du poulailler, qui est “sur pilotis”), etc… avant de pouvoir y introduire nos spécimens aviaire…

Concernant les spécifications techniques, on (enfin, “on”… GérardKlein, quoi) a choisit de fabriquer un modèle avec pondoir amovible, ce qui nous donne accès facilement à l’intérieur pour nettoyer, remplir la mangeoire et l’abreuvoir, vérifier (toutes les deux heures… Au début c’était toutes les dix minutes mais je me suis lassée) qu’elles n’ont pas pondu. (Tiens ? non, rien. Ha, non, toujours rien. Oui, elles sont là depuis deux semaines, on a eu un œuf cassé (le deuxième jour), puis deux œufs en tout et pour tout. Sales bêtes. M’en vais acheter de l’œuf de poule en batterie, ça vous fera les pieds).

Elles proviennent de la coopérative agricole du coin, ce sont deux poules rousses “pondeuses” (HA !!!!!), je voulais en nommer une Carmen, mais en fait les enfants ont voulu leur donner des noms. (et ils ont mis des jours pour se mettre d’accord sur le choix de la poule de chacun, puis il ont “échangé” leurs poules dix fois, et ils changent d’avis pour les prénoms environ trois fois par jour. Ce qui fait que je ne sais pas comment elles s’appellent, je me suis arrêtée à “Blue” (comme le perroquet d’un film qu’Éléa adore) et “Lili” (comme la petite lapine d’une histoire qu’Éléa adore). Et le plus simple c’est encore de les appeler Carmen, toutes les deux.

Loulou, quand à elle, n’a absolument AUCUN instinct de berger, elle les observe avec circonspection, creuse sous la clôture pour aller voler du pain dur dans leur enclos, et leur court après quand elles sont en liberté dans le jardin. (échec total de l’opération “Loulou va empêcher les poules d’aller bouffer les fraises”. En fait, les poules, poursuivies par Loulou, se réfugient dans la plate-bande de fraisiers et c’est la chienne qui piétine les fruits…)

Bon, elles n’ont pas leur pareil pour nous débarrasser de nos déchets de table et de cuisine; et surtout, elles se régalent des escargots qui se régalent de nos salades. Donc je n’écrase plus d’un bon coup de talon les gastéropodes qui croisent mon chemin. Au lieu de ça, je les prends délicatement et je les jette aux poules, qui se précipitent dessus à grands coups de bec…

Résultat des courses :

- GérardKlein a consacré tout son temps libre pendant plus d’un mois à la réalisation du poulailler et de l’enclos. Pendant ce temps-là, les pierre de carrière qui sont entassées devant l’entrée de mon auditorium n’ont toujours pas bougé (elles sont là depuis décembre) (long story, je vous la raconterai peut-être un jour, si elle a une conclusion heureuse).

- Les poules sont stressées par le chien qui les poursuit, et du coup, ne pondent pas. On bouffe donc des œufs de chez Leclerc.

- La chienne (pour l’épanouissement de laquelle on a introduit les poules, si vous suivez bien) se fait engueuler vingt fois par jour, et, au lieu de la laisser garder les poules pendant qu’on est tranquilles à siroter des bières sur la terrasse, on est sur le qui-vive, et on n’a plus un instant de repos quand elle est dehors.

- Les enfants sont ravis.

Bref, une totale réussite.

(je termine en vous signalant que nous avons totalement respecté le style nazairien… le hublot, on en voit partout, sur toutes les nouvelles constructions.)

Categorie : scène de la vie de famille
Par mes vies
Le 14 juin 2013
A 9:57
Commentaires : 38
 
 

Paul en hiver…

Winter Journal, c’est le dernier ouvrage paru de Paul Auster.

De Paul Auster, d’abord, j’ai tout lu ou presque. Dans mon adolescence il était un des auteurs dont j’attendais fiévreusement la sortie d’un nouveau livre. J’avais commencé par sa Trilogie New Yorkaise, comme tout le monde je crois… Mais Léviathan, La musique du Hasard, et ses œuvres “autobiographiques”, dans lesquelles il évoque son histoire, et en particulier son rapport à la littérature : L’invention de la Solitude, L’Art de la Faim, et surtout (surtout !!) le Carnet Rouge, très bref volume qui est l’un des livres qui m’ont le plus marqué à cette période là (l’époque du lycée).

Et même si j’ai pendant quelques années totalement cessé de m’intéresser à ses livres; même si je n’ai pas lu les deux derniers, et pas trop aimé les deux ou trois parus après les années 2000, Paul Auster reste un de mes écrivains préférés.

Et ce Winter Journal me donne très envie de m’offrir une petite “cure” de rattrapage, et de lire Sunset Park et Invisible.

Cet ouvrage est une sorte d’autobiographie d’Auster, au moment où, ainsi qu’il l’écrit à la dernière ligne de l’ouvrage, il entre dans “l’hiver de sa vie”. Mais même s’il y livre toutes sortes de détails sur son existence, donnant les adresses de toutes les maisons où il a vécu, essayant de faire la somme de tous les endroits où il est allé, de tous les voyages qu’il a effectué, ce Journal tourne en fait essentiellement autour de la mort.

La mort de ses proches, d’abord : celle de son père, celle de sa mère; celle d’un camarade foudroyé dans sa quatorzième année… Mais essentiellement la sienne. Celle qu’il a frôlé à quelques reprises, comme probablement chacun d’entre nous, à l’occasion d’un accident de voiture, d’une chute, d’un accident domestique aussi “bête” que le fait de se coincer une arête de poisson dans la gorge… Celle qu’il a cru rencontrer, lors de graves crises de paniques, ou lorsque des douleurs gastriques violentes lui ont fait croire qu’il était en train de faire une crise cardiaque.

La mort,  “présence” en toute vie, comme certains lieux, certains évènements nous le rappellent : lorsqu’il visite le lieu sur lequel s’étendait le camp de Bergen-Belsen, ou, comme il en fait l’expérience plusieurs fois par semaine, lorsqu’il passe le pont de Brooklyn et que le souvenir des Twin Towers persiste dans le paysage : “[…] the dead are still here, and the Towers are there as well- pulsating in memory, still present as an empty hole in the sky”.

Et bien qu’étant assez loin encore de l’hiver de ma vie, j’ai été vraiment touchée par ce livre; probablement parce que Paul Auster est dans ma vie depuis longtemps; que jusqu’à peu, encore, je pensais à lui comme à ce séduisant quadra qui avait sa photo dans Elle. Mais il a maintenant 64 ans, et je suis pour ma part bien loin de la lycéenne qui dévorait ses livres…

[je précise que c’est le premier Auster que je lis en anglais; il est tout à fait de mon “niveau de lecture” en anglais, 230 p., un vocabulaire accessible… Mais on profite vraiment beaucoup mieux de la langue d’Auster, de son rythme, en le lisant en anglais… Et puis, aussi, l’édition français chez Actes sud coût les yeux de la tête, quand on voit que pour 10 euros à peine j’ai pu commander la version anglaise chez Faber & Faber, reliée !]
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Categorie : livres
Par mes vies
Le 14 avril 2013
A 16:40
Commentaires : 29