mes vies

blog multidirectionnel : mes vies de mère, de prof, de musicienne, de lectrice, de promeneuse, de dilettante en tout et spécialiste en rien… Et même mes vies de cuisinière, couturière et tricoteuse !

 

petits bonheurs

c’est tout un tas de choses qui déclenchent l’écriture de ce billet… ça monte, depuis quelques temps. Cette obligation du “bonheur”, des listes à faire sur Facebook (on te “désigne” et tu “dois” lister des “petits bonheurs”… rien que l’idée déjà, ça tue en moi toute forme de bonheur !), à une boîte d’infusions appelée “infusion des petits bonheurs”…. Hé, c’est du thé, on se calme ! En allant par là, un carré de chocolat c’est de l’amour ! et en apothéose, vendredi lors d’une formation sur la gestion de classe, on nous demande de lister nos difficultés en classe (c’est pas ce qui manque) et nos “petits bonheurs”.
C’est officiel, l’expression “petit bonheur” est l’expression la plus galvaudée du monde. (n’ayons pas peur d’être définitive).

Je crois qu’en ce qui me concerne, essayer de mesure, d’attraper un moment de bonheur, c’est obligatoirement le mettre à mort. L’épingler comme un papillon dans une vitrine. Je demande donc officiellement qu’on cesse de parler du bonheur, d’en lister les ingrédients, de donner les “sept secrets des gens heureux”, qu’on arrête de penser que ce qui est un moment de bonheur pour l’un doit forcément pouvoir être un moment de bonheur pour les autres… Le bonheur n’a pas de recette, il n’est pas reproductible ni transposable.
Voilà, c’était GrincheuxVousParle, mais ce matin entendre quelques répliques de Jean-Pierre Bacri dans la chronique de Rebecca Manzoni m’a déculpabilisée. Et puis j’en ai ras-le-bol de la mode des petits bonheurs, j’essaie de lancer celle des emmerdeurs gâcheurs de plaisir. Allez, rompez.

Categorie : moi
Par mes vies
Le 30 septembre 2014
A 10:43
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rentrée littéraire

Autant je n’ai jamais lu, ne lirai jamais Joyce Maynard, parce que je ne veux pas lire le moindre mots “contre” Salinger (fut-il absolument et indubitablement vrai… je préfère mes illusions et mon ignorance. Et je préfère tous les livres de Salinger, peu importe que leur auteur se soit bien ou mal comporté avec ses compagnes. Tiens, j’ai pas plus envie de lire le Joyce Maynard que le Trierweiler), autant Oona et Salinger de Beigbedder me tente bien : j’ai une indulgence un peu coupable pour Beigbedder, je lui pardonne tout, à cause de son amour dure trois ans.

(et sinon j’ai lu le Carrère (Le Royaume) mais je n’arrive pas à en dire quoi que ce soit. Enfin si, que j’ai adoré. Mais ce que j’ai aimé dans ce livre est si subjectif que je n’écrirai pas de billet, je crois.) (ou plutôt : ce qui moi m’émerveille et m’attire et me touche, j’ai trop peur que d’autres n’y voient que bondieuseries et auto-indulgence.)

Categorie : livres
Par mes vies
Le 5 septembre 2014
A 9:45
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Portuaire

Après avoir pendant toute une année (scolaire : mes années sont toujours scolaires) frôlé au plus près la raffinerie de pétrole, empruntant matin et soir la ligne de train qui passe au milieu de cette grosse installation industrielle à l’odeur prégnante, signature olfactive perceptible plusieurs kilomètres à la ronde, cette année c’est le bus qui m’emmènera au travail, et la ligne passe le long du port et des chantiers.
C’est tout le patrimoine industriel de saint nazaire, son cœur historique (la ville n’a commencé à se développer qu’au XIXeme siècle, autour des paquebots transatlantiques) et symbolique. Tout une zone regroupant des habitations ouvrières (que les ouvriers ne doivent plus guère habiter aujourd’hui), zone dans laquelle le petit chemin de fer au beau milieu de la route nous rappelle que nous sommes sur le territoire des chantiers, que notre passage n’est que toléré, mais qu’ici ce sont les énormes grues, le portique monumental, qui règnent en maître.
On croise essentiellement des ouvriers en bleu de travail, casque à la main ou sur la tête, gilet réfléchissant sur le dos, images qui semblent sorties d’un Germinal moderne…
J’aime ça. Il y a dans ces lieux, ces bâtiments, ces engins qui n’ont été construits que dans un seul but, celui de l’efficacité, du pratique, de rentable, une beauté presque “malgré eux”.
Je me souviens dans mon adolescence, d’une jeune femme qui me reconduisait chez moi. Passant dans ces rues aux maisons des années 50, sans charme, au crépis marron, au petits jardinets à bordures de ciment, au milieu desquels j’ai grandi, elle s’extasiait : “oh, mais c’est beau, par ici !” Et devant mes protestations (à l’époque, je concevais qu’on puisse trouver “beau” une façade haussmanienne, pas une maison cubique et vieillotte), elle avait précise : “oui, c’est peut-être moche mais ça a du cachet. Le cachet du moche, peut-être”. Vingt ans plus tard c’est une expression à laquelle je repense souvent, “le cachet du moche”. Je ne sais pas si elle s’applique aux chantiers ni aux maisons ouvrières qui les bordent; mais c’est cette expression qui m’est venue par analogie, en passant dans ces petites rues dans lesquels ne marchent que des ouvriers en tenue de sécurité, dans lesquels les agences d’intérim alternent avec les cafés aux devantures défraîchies, certains en l’état depuis les années 60 et dont on imagine bien qu’ils pourraient servir de décor à un roman de Simenon.
La “vraie” vie pour des milliers de gens, un objet exotique que je scrute avec nostalgie pour moi… Univers parallèles.

Categorie : promenons-nous
Par mes vies
Le 2 septembre 2014
A 20:29
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grandes vacances

Après trois semaines dans le sud de la France (Catalogne essentiellement), une petite semaine dans le sud du Finistère, pour ré-équilibrer. De chouettes moments, des ballades, la forêt, la plage… et pas mal de photos, dont la qualité est exécrable puisqu’on s’obstine à emmener en vacances le vieux Canon, qui refuse de mourir malgré son âge… canonique huhuhu. En revanche il a l’arthrose du rideau, ce qui fait que si on oublie de remonter manuellement le petit coin de rideau qui reste bloqué, on a un coin noir en haut à gauche de chaque photo. Sympa.

Pas de photos du meilleur moment, en revanche : les meilleurs moments ne se photographient pas, n’est-ce pas. Dans le cadre des festivités autour du pardon de Pleyben, Malo et moi on a participé à une ballade contée dans les bois. C’était magique, la lumière du soleil couchant tamisée par les épais feuillages, la conteuse qui avait l’air d’une magicienne d’un autre temps, les histoires et les légendes tour à tour édifiantes, amusantes ou émouvantes… Et le plaisir de partager ça avec Malo qui se nourrit de mots depuis sa naissance, au moins autant que de chips (et quiconque l’a déjà vu devant un bol de chips connait son avidité).

Sinon, vous constaterez de vous-même que les différences sont vraiment minimes entre le pays catalan et les monts d’Arrée.

Categorie : scène de la vie de famille, promenons-nous
Par mes vies
Le 13 août 2014
A 12:01
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Tir groupé…

Les lectures de juillet ont été de vraies lectures de vacances, pas très variées ni très exigeantes… Dans le lot, pas mal de romans américains : un Connelly, roman bien classique de serial-killer, sans Harry Bosch mais c’est pas grave;

- comme l’été dernier, je me suis tapé le gros campus-novel de l’année, prêté par ma sœur.  Je ne sais pas pourquoi, tous les ans en hiver ou au printemps, ma sœur me prête un gros roman (enfin elle m’en prête plein d’autres avec), sans trop rin m’en dire à part “c’est pas mal”; je lis la quatrième de couverture et j’oublie le bouquin sur mes étagères. Puis au moment de faire ma valise d’été, je me dis “tiens, ça a l’air parfait pour la plage” et j’embarque le campus-novel, en oubliant que celui de l’année dernière m’est resté sur l’estomac…
Donc celui de cette année, c’est Les Revenants de Laura Kasichke. Alors Kasichke, j’ai adoré le premier que j’ai lu d’elle (En Un Monde Parfait), mais pas du tout Esprit D’hiver, pourtant encensé par la critique et les blogs de lecteurs… Donc j’étais un peu méfiante, mais sans plus.
Et là, 500 (ou 600, je sais plus) pages de fraternités/sororités étudiantes, de résidences universitaires, de jeunes et beaux étudiants, de prof méritants mais pas sûr d’eux, de petites garces blondes aux yeux bleus… Bref, qui a déjà vu un film américain se passant sur un campus (et QUI n’en a jamais vu un ???) ne trouve absolument rien d’intéressant là-dedans. De plus, elle fait vaguement un roman noir ou à énigme, avec une fille qui est morte mais peut-être pas, avec des sociétés secrètes pleines de pouvoir, etc… Là, de l’ambiance “Sexe Intentions” on passe à “The Skulls” (oui ben si vous n’êtes pas né en 1978 ces chefs-d’œuvre ont pu vous échapper; de même, si vous n’étiez pas fan de Buffy contre les vampires et de Dawson, vous ne les avez peut-être pas vus… mais moi, si). Bon, pourquoi pas me disais-je en moi-même tout en lisant, après tout, je me suis peut-être trompée sur Laura Kasichke, j’ai cru qu’elle était considérée comme un grand écrivain américain, en fait c’est juste une Connelly au féminin, j’ai rien contre, faut juste prévenir.
… mais bien sûr, Connelly,  il nous récompense d’avoir bien lu son livre jusqu’au bout en nous résolvant toute l’intrigue dans les 4 dernières pages. Kasichke, elle, se souvient qu’elle n’est pas censée faire du Connelly, et après nous avoir fait du “Alice Detective”, elle opère un virage à 90° dans les 4 dernières pages en ne nous rendant pas les clés. Bref, c’est “The Skulls” mais les méchants échappent à la justice. Ha ouais, OK, c’est ça un écrivain ??? Bon, je le note pour plus tard…

—> Bref : Kasichke, tu m’auras plus, et le campus-novel de l’été prochain je crois bien que je le lirai pas : j’irai le voir au cinéma, ça me gagnera du temps et me rappellera mon adolescence !

- Deux romans lus à la suite l’un de l’autre et qui se répondent assez bien : Les Falsificateurs d’Antoine Bello, et Le Complot contre l’Amérique de Philip Roth.
D’Antoine Bello, j’avais lu La Disparition D’Emily Brunet, une enquête menée par un détective frappé d’une forme particulière d’amnésie. Roman prenant, original par sa forme, j’avais marché à fond dans les ficelles de Bello.
Les Falsificateurs, donc, est un roman là encore à l’intrigue très originale : un jeune diplômé de géographie se voit embauché par une société secrète aux ramifications nombreuses et puissantes, qui procède à la “falsification” du monde : les membres de cette société inventent des personnages, des épisodes, de l’histoire ancienne ou récente, ou même de l’actualité, et se donnent toutes les peines du monde pour créer de toutes pièces de nombreuses “preuves” pour étayer leurs “scénarios”. Cette jeune recrue parcours le monde, apprend peu à peu à connaître certains de ses collègues et de ses mentors, et invente des scénarios destinés à infléchir le cours de l’histoire… Mais travaille-t-il pour une organisation bienveillante et humaniste, ou au contraire les falsificateurs sont-ils des gens dangereux en quête de domination de l’information ? Je ne le sais pas encore, il y a une suite, Les Éclaireurs. J’ai bien l’intention de la lire, d’abord parce que je me suis attachée aux personnages et j’ai pris du plaisir à ce roman qui n’est pas tout à fait un roman d’aventure ni un roman d’espionnage, mais qui en reprend quelques codes, tout en nous amenant à réfléchir (un peu balourdement j’en conviens) sur l’information, la désinformation, sur les “complots”, thèmes qui m’intéressent hautement en dehors de la littérature…

Sans l’avoir planifié j’avais aussi dans ma valise Le Complot Contre l’Amérique, de Roth.  J’ai ramassé ce poche il y a quelques années, dans un panier “servez-vous” devant une antenne de la bibliothèque municipale… (ou peut-être était-ce dans la bibliothèque d’une autre ville ?). Je l’ai pris parce que Philip Roth est nimbé d’une aura d’immense écrivain qu’il faut avoir lu, mais justement à cause de cette aura, avant l’été dernier, je ne m’y étais jamais risquée… Pourtant, ses romans sont très plaisants à lire, comme souvent ceux des grands écrivains américains… ce “complot” est en réalité une uchronie : Roth raconte ses souvenirs d’enfant juif américain, âgé de 8 ans en 1940… Jusque là, c’est son autobiographie, pourrait-on penser. Mais le petit Philip Roth grandit dans une Amérique dont le président Roosevelt n’est pas réelu : c’est l’aviateur Charles Lindbergh, antisémite et isolationniste, qui est élu président. Lindbergh signe des accords avec l’Allemagne nazie, est décoré par Hitler lui-même, et refuse de rentrer en guerre pour soutenir l’Angleterre bombardée…
Après Bello qui nous fait douter de tout, Roth nous décrit si bien les évènements de ces deux années (40-41), la tension montante dans les familles juives de Newark, les lois visant à “américaniser” les juifs en envoyant les adolescents dans des familles WASP du middle west pour travailler à la ferme, et bientôt, des familles entières dans des états ruraux et peu peuplés, qu’on finit par se demander si ce qu’il nous raconte n’est pas réellement arrivé ! De plus, il évoque un grand nombre de personnages publics ayant existé, pour semer le trouble encore un peu plus dans l’esprit du lecteur… avant de rétablir la véritable biographie de chaque protagoniste dans les annexes du roman.

- Pour finir, et surtout pour occuper les 10 heures de trajet en voiture, j’ai lu un roman sans prétention que je gardais à cet effet (pour lire en voiture, il faut un livre grand format, les poches sont imprimés en trop petits caractères et ça me rend malade; de plus, la radio marche, ou le lecteur dvd des enfants, et les interruptions sont nombreuses, il me faut donc un roman à l’intrigue simple, je ne peux pas lire un roman subtil lors des trajets familiaux) : La Dernière Fugitive, de Tracy Chevalier (auteur aussi de La Jeune Fille à la Perle). Elle nous raconte le destin d’une jeune Quaker anglaise, qui embarque pour les États-Unis où sa sœur Grace va épouser un membre de leur communauté récemment émigré en Ohio.
Bon, je passe sur les péripétie que la pauvre Honor va devoir affronter, sur le zeste de romance, la dose d’aventure et la couche épaisse de bons sentiments qui font le parfait roman de voiture, pour dire que l’histoire des Quakers, leur philosophie, leurs pratiques, m’ont beaucoup intéressée (et du coup en rentrant je suis allée voir de plus près cette “religion de la paix”, qui fonctionne sans hiérarchie, sans clergé, sans cérémonies (leur culte consiste à rester assis ensemble en silence), et qui a été l’une des première à s’élever contre l’esclavage, à inventer une première forme de commerce équitable en refusant quand c’était possible, d’acheter du coton cultivé par les esclaves, à refuser toute forme de violence (les Quakers sont souvent objecteurs de conscience)… Ce qui m’a intéressée plus encore, c’est l’omniprésence du patchwork dans le roman : Honor, l’héroïne, est une quilteuse, elle réalise à la main des quilts qui font l’admiration de tous… J’ai une passion pour le patchwork depuis que j’ai lu pour la première fois le mot “courtepointe” dans le tome 1 de la Petite Maison Dans La Prairie, je devais être en CE2… C’est un de mes multiples projets pour quand j’aurais du temps. (à la retraite, au mieux…)

Categorie : Non classé, livres
Par mes vies
Le 28 juillet 2014
A 18:48
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plénitude

Déjà la moitié des vacances a filé, fondu comme neige au soleil… Et pourtant, du soleil, on n’en a pas eu trop, même là-bas loin dans le sud. (et c’est pas pour me contrarier : 40° et le grand cagnard, c’est vraiment pas mon biotope.)

Quelques images, quelques sons, quelques saveurs dans mes poches, pour me servir de réserve l’hiver prochain :

- passer 6 nuits dans cette chambre-là, dans cette maison que j’aime tant… La chambre est en travaux, il n’y reste qu’un lit, aucun meuble superflu, aucune place au désordre… Et une fenêtre a récemment été percée, une grande et large fenêtre, plein est, dans le mur en pierres de cette ferme provençale du 18ème siècle. Dormir avec entre moi et le monde, juste une moustiquaire, être à la fois dedans et dehors, ça a été merveilleux… Entendre les grillons prendre progressivement le pas sur les cigales, entendre les crapauds, et aux petites heures de la nuit, une chouette hululer… Entendre le vent, ou la pluie, être à l’abri mais pas complètement… La lumière dans la chambre le matin, l’heure bleue le soir, avec au loin la vue sur les Alpilles…

- Les repas de midi sous le tilleul : on faisait manger les enfants de bonne heure, et quand ils comataient, repus, par paquet de 6 sur les canapés, on s’installait et on partageait un repas au calme, entre adultes… Les saveurs des légumes de la ferme, le rosé très frais, les mêmes plaisanteries cinquante fois entendues mais dont on ne se lasse pas, sous l’ombre des amples ramures de l’arbre centenaire (ou bicentenaire, pour ce que j’en sais)

- Entendre l’orage se rapprocher, l’entendre gronder au loin, voir le ciel s’obscurcir, puis, ça se précise, le tonnerre et les éclairs, courir dehors et ramasser tout ce qui a été semé par les enfants, un t-shirt, une paire de baskets, une peluche, une balle en mousse, une serviette, et tout le linge étendu sur le fil… Rentrer en courant, et sentir les premières énormes gouttes s’écraser sur mes bras nus. Voir le déluge, la grêle, s’abattre dehors; les enfants, serrés comme des sardines dans une minuscule salle de bain à l’étage, s’extasiant devant les éclairs comme au feu d’artifice du 14 juillet…

Categorie : moi
Par mes vies
Le
A 12:48
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Une de plus en moins

Et on en est déjà là. C’est déjà les touristes tard le soir aux terrasses des crêperies le long du port du Croisic, déjà les robes légères, les shorts, les polos, les pulls posés sur les épaules et les manches attachées ensemble, déjà les sandales et les chaussures en toile, déjà les balades le soir sur la plage.

Cette année j’ai travaillé à l’intérieur des terres, j’ai un peu perdu le pouls de la presqu’île (l’année dernière je passais matin et soir devant le camping pour aller au collège, qui était à 300 mètres de la plage, les touristes je les ai vu arriver, l’été je l’ai senti venir, la sortie “La Baule” embouteillée le vendredi soir, les lunettes de soleil quand j’allais au conseil de classe pour ne pas avoir le soleil couchant dans les yeux…) je n’ai pas vu l’été arriver et il est déjà là. Dans 15 jours le fest-noz de Kervalet, le premier de la saison en plein air (enfin probablement pas le premier de la saison… mais celui qui pour moi est un véritable repère, toujours le dernier samedi de juin, le premier fest-noz où on danse avec des touristes, le feu de la St Jean, les rond paludiers)…
Et toujours, avec juin, ce petit pincement, ce “déjà ?”. L’année est passée si vite. Et pourtant non, pourtant ces jours qui s’enfilent les uns après les autres, ces longues semaines, c’est quand déjà les vacances. Mais quand on y est c’est comme si tout ça n’avait duré qu’une seconde.
À la fin de ma toute première année scolaire en tant que prof, après les dernières réunions, après le départ des élèves, après les classes rangées, les casiers vidés, les bureaux déblayés, les chaises empilées, un collègue, plus proche de la fin de sa carrière que du début, avait dit “Allez, une de plus en moins”.

Voilà, on y est, encore une fois, “une de plus en moins”.

Categorie : moi
Par mes vies
Le 9 juin 2014
A 10:28
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t’as voulu voir Rouen…

Rouen, donc. Autant, passer les écrits à Paris, c’était vraiment plaisant. D’abord, le simple fait d’être à Paris. De marcher dans les rues de Paris, de me remplir les yeux, et de déambuler dans le saint des saints (à savoir le Monoprix de Montparnasse). Sans compter qu’à chaque séjour j’ai réussi à caser un peu de vie sociale (une terrasse de café, une expo, un salon… en compagnie d’amis pas vus depuis longtemps).

Rouen, par contre… outre le fait que je n’y connaisse absolument personne, je pouvais difficilement y caser quoi que ce soit : le voyage dure 6 heures. Oui, le double d’un Paris-St Nazaire. (alors qu’à vol d’oiseau la distance est la même, à 2 kilomètres près selon l’omniscient Gougueule)

Cependant, j’avais dans l’oreille la chanson de Vincent Delerm sur Rouen, “voici la ville”, et quelques images de la cathédrale peinte par Monet… Soulagée d’un bon paquet de stress à l’issue de mon oral, et en avance de quelques heures selon mon habitude, j’avais donc décidé d’aller un peu à pied explorer la ville. Il tombait, bien sûr, une petite pluie fine et pénétrante mais je suis nantaise et je ne crains pas ce type d’intempérie (qui en est à peine une à mes yeux). Je descendais vers les bords de Seine, passant dans des petites rues très étroites avec des maisons à colombage (ô combien exotique pour quelqu’un qui vit dans une ville où les rares bâtiments anciens datent du début du XXème siècle) quand la pluie a commencé à s’intensifier. Bientôt, il m’a fallut me réfugier sous le auvent d’un marchand de chaussure, et j’ai assisté à la pire averse de toute mon existence. (et j’ai vécu 18 ans à Nantes, je le rappelle !) Il est tombé “la mer et les poissons”, comme dit ma grand-mère, et de la grêle en surplus. Les rares passants agrippaient leurs parapluies et courraient comme s’ils avaient le diable aux trousses; et la la plupart des gens faisaient comme moi et s’abritaient en attendant la fin du déluge.
Au bout d’une dizaine de minute quand même, j’ai fini par abandonner l’idée de faire du tourisme dans la ville où le plus grand chanteur français du XXIème siècle fit ses études, j’ai rabattu ma capuche sur mon front et je suis retournée dare-dare à la gare, où j’ai attendu mon train au buffet, devant un café, trempée comme une soupe.

Je n’aurai donc de Rouen que quelques images aperçues par les fenêtres d’un bus : des rues très pentues, de belles maisons à colombage, de la pluie comme jamais, et le parking d’un hypermarché comme unique vue depuis ma chambre d’hôtel…

Categorie : moi, la chanson du jour
Par mes vies
Le 14 mai 2014
A 17:18
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Aujourd’hui était la journée mondiale de mes corvées administratives : j’ai déclaré mes revenus en ligne  (visiblement les économies de fonctionnement au niveau de l’état ont commencé : ils ont viré les personnes chargées de l’ergonomie du site. J’ai passé plus de temps à chercher où cliquer pour “déclarer” qu’à compléter ma déclaration elle-même. En même temps, après toutes ces années de gel salarial, c’est vite déclaré : j’ai pas des montants à 6 chiffres à rentrer. Je plains Jérôme Cahuzac, c’est vrai, c’est des tracasseries tout ça, on le comprend quand finalement il s’est dit “oh ben zut ! c’est trop long à faire toutes ces déclarations, le site est mal fichu, je vais plutôt mettre tout ça en Suisse c’est plus vite fait”), et j’ai saisi mes “vœux” d’affectation pour l’année prochaine.
Alors là, j’adore : on me demande le NUMEN de GérardKlein. (je vous passe les détails mais j’ai fini par le trouver. Son NUMEN, pas GérardKlein, hein, suivez, un peu. Lui est en vacances avec les nins, histoire que je puisse bosser tranquillement pour l’oral du concours, afin de ne pas avoir rentré son NUMEN pour rien dans le site de l’éducation nationale.) Donc je rentre le NUMEN. Pour les initiés, le NUMEN, c’est le NUMEN; pour les autres, c’est en gros le numéro de matricule des agents de l’éducation nationale.

Et donc, étape suivante : on me demande… quel est l’employeur de mon conjoint !!! Ha ba bravo. S’il a un NUMEN, tu crois qu’il bosse où, Einstein ?? Tu crois qu’il cire des pompes à l’Élysée, ou quoi ?

Pis je veux pas dire, mais quand j’ai rentré MON numen, le site m’a ressorti toutes les informations sur moi dont il dispose (enfin peut-être pas toutes, mais au moins, mon adresse et mon affectation actuelle). Il pourrait pas faire la même chose avec celui de mon conjoint ? Ben non, faut croire que non. Puisqu’il m’a ensuite demandé l’adresse de l’employeur de GérardKlein (j’ai bien hésité à rentrer la rue de Grenelle, mais faut pas trop jouer au con avec l’éducation nationale, on est pas sûr de gagner. D’ici à ce qu’ils m’affectent à Paris dans le VIIème au titre du “rapprochement de conjoint”…)

Alors Big Borther is watching me, ça je le sais, mais en plus il me prend pour une tanche…

Categorie : moi
Par mes vies
Le 6 mai 2014
A 14:26
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Trainspotting

image by vlg0901

Peut-être te demanderas-tu, lecteur, ce que je pouvais bien faire à Ponchâteau à 14 heures, en ce mardi.
Et bien la réponse pourrait être assez courte, mais je les préfère longue. Alors voilà.
Il se trouve que le mardi je fais chanter les élèves de la chorale de 12h30 à 13h15 environ. Sauf que, de plus en plus, on déborde, parce qu’une veut que je lui montre les accords de guitare de telle chanson, une autre veut que j’écoute ceci ou cela, une troisième demande qu’on mette une chanson sur la chaîne pour chanter par dessus…
Bref, en partant, je savais que j’étais ric-rac pour attraper mon train. J’ai eu beau marcher vite, c’était pas gagné. Donc quand j’ai entendu au loin la voix synthétique de la gare annoncer l’arrivée quai B d’un train, je me suis mise à courir. (erreur n°1). Je suis arrivée juste à temps, et j’ai sauté dans le train. (erreur n°2). Il était pile, à une ou deux minutes près, l’heure de “mon” train.
Tout d’abord, j’ai cherché une place. Il y en avait plein. Mais genre, PLEIN. On devait être 3 ou 4 dans tout le train. Et puis, quel train !! des fauteuils spacieux, moelleux, des petites lampes au-dessus des fenêtres… Waou !! le confort d’un TGV, au moins, dans mon TER. (non ça n’a pas fait tilt. C’est ça, fait pas le malin.)
Et puis, les fenêtres : bien propres, toutes lavées de frais !! (alors que ça fait bien 3 semaines que tous les trains sont intégralement recouverts d’une couche épaisse de boue, y compris sur les fenêtres, rapport à une légère humidité persistante depuis début janvier.)
Alors bien calée dans mon large siège, contre la fenêtre, j’ai dégaine l’iPad dans le but de me livrer à ma récente passion : la photographie de la raffinerie par la fenêtre du train. (hobby rendu impossible à cause de la boue sur les fenêtres, voir plus haut). Et j’ai commencé à prendre quelques photos, en attendant les tuyaux. Oh, un bel arbre ! clic ! Oh, ce champs, clic ! Oh, tous ces arbres pleins de gui ! Comme c’est vert, comme c’est beau, comme c’est bucolique !!

Et oui. Oui, j’étais en train de m’esbaudir devant un paysage, ne réalisant absolument pas que, prenant ce train tous les jours depuis quelques mois, toute sensation d’inédit était hautement suspecte.

C’est quand j’ai aperçu dans la porte le reflet du texte défilant derrière moi, et que j’ai donc vaguement déchiffré le nom de “Ponchâteau” projeté à l’envers, que mes quelques neurones ont trouvé judicieux de se rencontrer au milieu de ma boîte crânienne, et que mon cerveau s’est souvenu qu’il n’était pas tout à fait aussi grumeleux que celui de Shumacher.
- Ponchâteau n’a jamais figuré au nombre des arrêts de mon TER Nantes-Le Croisic, même quand il se met en version omnibus et dessert toutes les micros-gare du genre “la croix de Méant” ou “Penhoët”.
- J’étais dans le train depuis environ 10 minutes et je n’avais aperçu que des arbres et des champs, et nada rafinerie, ni tas de gravats ni entrepôt, qui constituent pourtant mon décor habituel.
Au même moment, j’ai entendu l’annonce du prochain arrêt : Pontchâteau, donc. Hell yeah. À 30 bornes de chez moi, mais sur une ligne de train différente.

J’ai tiré de cette mésaventure deux petites remarques que je compte bien faire remonter à la SNCF :
- ce serait pas mal que les destinations des trains soient écrites sur les trains. Parce que dedans, ça sert pas à grand chose.
- C’est quoi ce bins ??? Pourquoi les trois pelés qui prennent le train pour Redon ont droit à ces rolls, alors que nous, pauvres habitants de la presqu’île, on s’entasse dans de vieux TER pourris et dégueus ? On est des usagers de seconde zone ou quoi ??

Categorie : Non classé, moi
Par mes vies
Le 21 janvier 2014
A 16:23
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